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Au père que je n’ai pas été on murmure à l’oreille des souvenirs froissés à l’appel de ces nuits éclairées aux soleils en silence repliés et d’un souffle mortel aux arides beautés se dédient l’autre étrange et le mystère du jour.
Au père que je n’ai pas été s’est fermé l’avenir où s’ébrouent des sourires aux vents qu’on a volés rien n’atteint ce qui crève à l’absence comme un chien que l’on saigne et la moiteur des peaux qu’un désir assassine.
Au père que je n’ai pas été s’enroulent des mots au large comme lassent la mer les vents qui la réveillent aux profonds abysses à la couleur des larmes les faunes de nos printemps s’amusent à nous blesser.
Au père que je n’ai pas été plongent des yeux sans visage où se cherchent les mains dans cette éternité blême sous d’anciennes étoiles ivres qui d’un doigt décharné de leur ongle fêlé de mémoire nous dessinent.
Au père que je n’ai pas été s’offrent des corps aux parois qu’on déchire comme les coquilles vides de ces cœurs éventrés et les ombres au matin fatiguées de ces nuits où le temps s’envenime.
Au père que je n’ai pas été se confient des désirs qui reposent à l’envers sur les traces de l’abîme où s’étreignent lumières et se jouent souvenirs — sur les voies du passé.
26 juin 2010.