« À la colère des mots sous les tranches de nos vies
À ces vibrants assauts lancés vers les étoiles
Nous crierons au matin des vers ensanglantés
Pour qu’enfin libérée la pensée se dévoile »
De riants souvenirs à l’allure un peu cloche
N’en finissent plus d’entrer sans pouvoir en sortir
Il y a dans la toile des pensées qui s’ébrouent
Celles qu’on peint captivées aux regards téméraires
Celles qu’écrivent dans la chair les silences écorchés
Les mots tristes et bohèmes de l’abyssal envers
Il y a devant l’ombre un cerveau disjoncté
Ce petit monde absurde aux remords éphémères
Qui clopin qui clopant sans promesse d’avenir
En sautant sur la branche en vient à la casser
Sans pouvoir dire encore où s’en vont les sourires
On caresse accroupi les étranges filles de l’air
En croisant les regards au détour des envies
On perçoit la couleur de ces corps éclatés
La palette odorante de leurs chants infinis
Quand s’enfuit au levant la beauté des aurores
Des idées plein les mains aux parfums affolés
La pensée qui jaillit recompose d’autres rêves
Cette glaise rare et douce qu’on malaxe à l’envi
Ce tremblement soudain, ce grand foutoir vivant
Dans les antiques reflets de joyeuses floraisons
Où se gonflent les voiles tout un monde est blotti...
Par la colère des mots — en d’étranges insomnies
Nous tuerons au matin des vers jusque-là dits
— Pour qu’enfin sacrifiée la pensée vagabonde