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La nuit est tombée.
Dans le silence grouillant de la ville je dessine sur les murs les contours d’un crépuscule. La rue qui projette son film remodèle l’espace, tout en ombres. Ici, les spectres du passé qui s’étirent ; là, les traces plus claires des meubles emportés.
Mémoire sourde surgi de nulle part, une vie s’achève.
Je suis assis à même le sol, devant la fenêtre grande ouverte. Le vent qui s’y engouffre par rafales me fouette le visage de ses embruns poussiéreux. Dehors, une pluie torrentielle s’abat sur la ville. L’odeur vivace de précieux souvenirs me remonte à la gueule.
Il est minuit. J’attends l’éclair.
Demain, tout sera à recommencer.
27 mars 2010.