Aux nouvelles afflictions soufflent les vents glacés
Et courant sur les voies l’on s’arrête au hasard
À ces drôles de mirages qu’on ne peut effacer
Regarde, regarde
Les émotions en fleurs
Regarde, regarde
Comme en cœur tout s’ébat
Tout s’abat sur nos peurs
En un pleur tout en bas
Des fossés, des falaises
Comme un cri bâillonné
Ces anciens rires qui roulent
Aux silences étourdis
Ce cratère qui s’éveille
Et qui se démolit
Regarde, regarde
Comme tout vibre alentour
Regarde, regarde
Ces enfants en déroute
Et l’errance des années
Ces amants étendus
Sur les linges de l’ennui
Comme le fruit de leurs doutes
— Entaillés au soleil par la hache des temps
Ces amours pluvieuses comme une salive noire
Ces visages aux fenêtres déroulant leur histoire
Regarde, regarde
Lève les yeux vers le gouffre
Prends l’infini de l’aube
Que tes mains s’en protègent
Que tes mains s’en dégouttent
Ces enfants silencieux aux terreurs barbelées
Qui s’agrippent à leurs chaînes pour mieux s’abandonner
Comme des peintures molles fondues au coin des bars
Tes larmes s’évaporent sans même s’en inquiéter
Regarde, regarde
Les restes muets d’où les corps se rappellent
Regarde, regarde...
— C’est ton ombre à présent qui dévore les déserts